La Nuit des Rois - Compagnie du Matamore - affiche

 

de William Shakespeare

 

Création à la Barbacane

Scène conventionnée de Beynes en janvier 2013.

Théatre du Vésinet

19 janvier 2013

 

Joué à Paris au théâtre de l’épée de bois du 10 mai au 2 juin 2013

 

Coproduction

Compagnie du Matamore

La Barbacane

L’Aria

Les Tréteaux de France , CDN

 

 

 

Avec

Valerie Durin /  Le Duc Orsino

Juliane Corre /Sebastien

Sylvazin Méallet /  Viola

Gerard  Chabanier / Malvolio

Lionel Muzin / Feste

Henri Payet /  Aguecheek

Bruno Cadillon /  La Contesse Olivia

Serge Lipszyc / Sir Toby

Jean-Marc Culiersi / Antonio , Maria

 

 

Résumé de la  pièce

La pièce se passe en Illyrie, c’est-à-dire pour l’époque, une contrée lointaine et mythique, propice à tous les égarements.

Acte I : rescapée d’un naufrage, Viola parvient en Illyrie où, pour se protéger de toute mésaventure, elle décide de revêtir l’apparence d’un frère jumeau qu’elle croit mort, Sébastien. elle entre au service du duc Orsino, qui, charmé par sa candeur, lui demande d’intercéder auprès d’Olivia, jeune femme en deuil également d’un frère. Aussitôt, Viola-Césario tombe amoureuse d'Orsino. Lorsque Olivia voit Viola-Césario, elle s’éprend à son tour immédiatement de lui (d'elle).

Acte II : Viola-Césario tente tant bien que mal de repousser les avances d’Olivia et se désespère de ne pouvoir être aimée de son maître sous son apparence d’homme. Sur les conseils de Sir Toby Belch, oncle d'Olivia, Sir Andrew Aguecheek, un piètre prétendant d'Olivia, décide de provoquer en duel Viola-Césario, décidément trop proche de sa belle. une autre intrigue se déroule parallèlement. Elle implique Sir Toby Belch, Sir Andrew Aguecheek, Fabian et Maria, les serviteurs d'Olivia, et le clown Feste. Les joyeux lurons préparent un guet-apens à Malvolio, l'intendant d'Olivia qui en est amoureux. Malvolio est très orgueilleux et prétentieux. Maria lui écrit une lettre d'amour qu'elle signe du nom d'Olivia. elle demande à Malvolio de toujours sourire lorsqu'il la voit, de porter des chaussettes jaunes et des jarretières croisées pour lui signifier qu'il a reçu son message.

Actes III : Sir Andrew n'est pas très courageux et regrette de s'être engagé dans ce duel contre Viola-Césario, qui n'est pas plus encline à se battre. Entre-temps, Sébastien, le jumeau de Viola, qui a été repêché par les marins du capitaine Antonio, se retrouve en Illyrie.
Malvolio se laisse prendre au piège tendu par Maria et en rajoute lorsqu'il voit Olivia. Croyant qu'elle a maintenant affaire à un fou, Olivia demande qu'on s'occupe de Malvolio. Sir Toby le fait enfermer dans une pièce obscure jusqu'à ce qu'il recouvre ses esprits.

Acte IV : Sébastien est pris pour Viola-Césario et est forcé au duel contre Sir Andrew à qui il assène un coup sur la tête. Pensant qu'il s'agit de Viola-Césario, Olivia lui demande de l'épouser. Surpris, Sébastien acquiesce immédiatement. Malvolio finit par être libéré par le clown Feste.

Acte V : l’histoire s'éclaircit lorsque les deux jumeaux se retrouvent enfin. Ayant perdu Olivia, Orsino se retourne vers Viola qui l'aime toujours. Ils décident de se marier. À sa grande déception, Malvolio découvre le complot à son endroit et apprend qu'Olivia est mariée à Sébastien ; il jure malédiction à la joyeuse compagnie.

 

Dans cette pièce l’Illyrie est le territoire du délire amoureux. Pour Olivia, Viola est un garçon efféminé ; pour le duc elle est une fille garçonnière. L’androgyne shakespearien joue le garçon pour Olivia et la fille pour Orsino. Olivia et le duc sont simultanément amoureux de Césario/Viola, du garçon-fille.

 

Le triangle amoureux lié aux métamorphoses du travestissement est en place, et ses protagonistes ne parviennent pas à se rejoindre dans cette spirale du désir. Même Sébastien n’échappe pas à l’ambiguïté. Le capitaine qui l’a sauvé, Antonio, est amoureux de lui, et semble reprendre sur un ton de farce le thème principal énoncé sur un mode lyrique par le trio central. Et n’oublions pas qu’il est le double, parce que jumeau et sosie, de Viola. Dans cette comédie des erreurs, très représentative de l’esprit de la Renaissance, il n’y a que le sexe des personnages qui est apparence, l’amour et le désir passent du garçon à la fille, et de la fille au garçon.

 

Il faut considérer, de plus, qu’à l’époque de Shakespeare, les rôles de femmes, interdites de scène, étaient tenus par des garçons, dont les possibilités dramatiques et le registre vocal rendaient le jeu crédible. Et La nuit des rois a été écrite pour un théâtre où les garçons jouent des rôles de jeunes filles. Un emboîtement supplémentaire existe donc, accessible à tous les spectateurs de l’époque : le déguisement est double, le garçon se déguise en fille qui se déguise en garçon. Et lorsque la comédie s’achève, le second titre de la pièce (What you will = ce que vous voudrez)  prend tout son sens : un garçon, ou une fille ? ce que vous voudrez, nous dit Shakespeare.

 

Eclairage

Cette comédie majeure de William Shakespeare (1564-1616), publiée pour la première fois en 1623, fut sans doute écrite pour être jouée à l'Épiphanie de 1601. Moment où le temps païen reprend le pas sur le temps chrétien, la « Douzième Nuit », pour reprendre le titre original de la pièce (Twelfth Night or What you Will) était, dans le calendrier élisabéthain, la dernière nuit des fêtes de Noël, traditionnellement allouée aux travestissements et aux jeux puis au théâtre. La nuit des rois (ou ce que vous voulez).

Comme l’explique Gisèle Venet, le titre anglais Twelfth Night, « La Douzième nuit », (suivi du sous-titre What you will, « Ce que vous voudrez ») fait référence à « la douzième des “nuits de noël” dont la première est, bien sûr, le 25 décembre.

Cette date correspond dans le calendrier au 6 janvier, fête de l’Épiphanie, qui commémore la venue des rois mages conduits dans la nuit par une étoile vers l’enfant nouveau-né, Jésus ; d’où l’allusion dans le titre habituel en français à “la nuit des rois”. Ces douze nuits de la tradition chrétienne s’accompagnaient dans toute l’europe d’alors de manifestations de joie collective, de “masques et mascarades” et de représentations théâtrales. Il s’agit d’un héritage sans doute des traditions festives des “Douze nuits”, propres aux calendriers celte et germanique et de la tradition romaine antique des Saturnales ou Calendes de janvier. La Nuit des rois a été jouée à la cour d’Élisabeth Ire un soir de “douzième nuit”, le 6 janvier 1601, date de sa première représentation.»

Cependant, Gisèle Venet l’inscrit bien plus dans l’univers de l’illusion et de la mascarade, le cœur de la pièce étant la subversion des apparences et du langage. L’intrigue repose sur les malentendus et la révélation d’une identité à reconquérir : grâce à son travestissement, Viola finit par trouver l’amour.

 

 

 

EXTRAITS La Nuit des rois, William Shakespeare

 

Le CLOWN :

 

Quand j’étais un tout petit garçon Dans le vent, ohé ! Dans la pluie,
On m’passait tous mes tours d’polisson, Car d’la pluie il en pleut tous les jours.

 

Quand j’atteignis l’âge d’homme enfin, Dans le vent, ohé ! Dans la pluie,
On m’chassa en me traitant d’coquin, Car d’la pluie il en pleut tous les jours.

 

Quand, hélas, j’en vins à convoler, Dans le vent, ohé ! Dans la pluie,
Ca m’servit plus à rien de crâner,
Car d’la pluie il en pleut tous les jours.

 

Et quand vint l’âge de s’aliter,
Dans le vent, ohé ! Dans la pluie,
J’rentrions toujours un verre blanc dans l’nez, Car d’la pluie il en pleut tous les jours.

Y’a longtemps qu’le monde a commencé Dans le vent, ohé ! dans la pluie,
C’est égal, la pièce est terminée Puissions-nous vous plaire tous les jours.

 


 

Je souhaite monter cette pièce avec irrévérence, laisser libre cours à notre imagination, faire la place belle à l’humour, au second degré. Cela n’exclut en rien la vérité des sentiments et des situations car trivialité, bouffonnerie, romantisme, trouble, émotion se juxtaposent allègrement dans le monde Shakespearien. Je travaillerai sur ce projet avec des compagnons de longue date. La quasi-équipe d’Arlequin, serviteur de deux maîtres avec laquelle nous avons donné plus de 700 représentations pendant 20 ans de tournée. Il y aura des hommes jouant des rôles de femmes, des hommes jouant des rôles d’homme. Clin d’œil à l’époque élisabéthaine ou les femmes étaient interdites de plateau et mise en abime vertigineuse. Un homme joue le rôle d’une femme qui se déguise en homme et tombe amoureu(se) d’un duc joué par une femme et rend amoureu(se) une comtesse jouée par un homme.. Vaste programme. Il suffit d’y ajouter une double intrigue qui donne naissance à l’une des plus belles scènes de comédies shakespeariennes, celle qui voit le vertueux et moraliste intendant Malvolio piégé en bas jaune par le démon de l’amour, un fou à l’humeur mélancolique qui chante le monde et sa folie pour faire de cette pièce une pépite du répertoire.

Cette pièce célèbre les transgressions. Le carnaval et le charivari sont de mises.

Sur scène, un joyeux foutraque, propice à l’invention. Un espace élisabéthain stylisé, des signes de costumes intemporels qui s’enchevêtrent, de la musique composée et jouée sur le plateau.

Voilà le décor posé, permettant simultanéité, enchainement et changement»de lieu rapides., voilà le cadre dans le lequel neuf comédiens réinventeront l’une des plus belles comédies shakespeariennes magnifiée par la très belle
traduction de Jean-Michel Desprats.

 Serge Lipszyc

 

 

 

 

William SHAKESPEARE est né en 1564 à Stratford-on-Avon (Angleterre), William Shakespeare est considéré comme l’un des dramaturges les plus grands de tous les temps, mais sur qui l’on a le moins de précisions biographiques. Fils de commerçant aisé, il épouse à dix-huit ans Anne Hathaway, mais ne semble pas avoir été heureux en ménage. Il quitte Stratford en 1587 dans des circonstances que l’on ignore et s’installe à Londres. Il trouve du travail dans un théâtre et révèle son talent en « arrangeant » des pièces achetées aux auteurs. Il prend comme modèle les dramaturges de son époque tels que Marlowe, greene et Peele.

Peines d’amour perdues (vers 1590) est considéré comme sa première pièce originale, suivie de plusieurs poèmes galants (Vénus et Adonis, Le Viol de Lucrèce). Le poète conquiert l’estime de la jeune reine elisabeth Ire qui marque pendant toute sa vie une préférence pour son œuvre.

Il commence sa carrière en reprenant des pièces à sujet historique : Henri VI, également attribué à Marlowe, Greene ou Peele, puis Richard III (1593), suivis de Richard II (1594), Le Roi Jean (1595), Henri IV (1597-98), Henri V (1599) et enfin Henri VIII (1612), qui composent son cycle sur l’histoire de l’Angleterre. L’auteur fait partie, depuis 1594, de la troupe de Lord Hunsdon, qui devient Troupe du Roi en 1603.

Il compose des pièces inspirées de l’Antiquité : Titus Andronicus (1590), Jules César (1600), Troïlus et Cressida (1602), Antoine et Cléopâtre (1606), Coriolan (1607) et Timon d’Athènes (1607).

un autre « groupe » de pièces est celui des tragédies, parmi lesquelles figure en tête Roméo et Juliette (1595), puis Hamlet (1602), Othello (1604), Le Roi Lear (1606) et Macbeth (1606).

Le groupe des comédies-drames, comédies pures et féeries comporte La Mégère apprivoisée (deux versions, 1585 et 1597), La Comédie des erreurs (1591), Les Deux Gentilshommes de Vérone (vers 1595), Beaucoup de bruit pour rien (1599), Comme il vous plaira (1559), La Nuit des rois (1602), Les Joyeuses Commères de Windsor (vers 1599), Tout est bien qui finit bien (1602), Mesure pour mesure (1604), Le Songe d’une nuit d’été (1594), Le Marchand de Venise (vers 1596), Le Conte d’hiver (1611) et La Tempête (1611), considérée comme la dernière pièce de l’auteur qui se retire à Stratford, riche et apaisé, à l’âge de quarante-sept ans, où il meurt en 1616.

Des trente-sept pièces attribuées à Shakespeare, seize seulement furent publiées de son vivant ; la totalité de son œuvre fut réunie par des amis poètes dans une édition in-folio en 1623.

 

 

 

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