Que d'espoir !
de Hanokh Levin
Andromaque
de Racine
La Nuit des Rois
de William Shakespeare
Arlequin, serviteur de deux maîtres
de Carlo Goldoni
Trois Sœurs
d'Anton Tchekhov
Café frappé
Textes et mise en scène de Gérard Chabanier
Un Platonov
d'Anton Tchekhov

La revue de presse

Voilà un spectacle qui se lit presque sur les lèvres. Il n’y a pas d’autres paysages sur scène que ceux créés par les mots eux-mêmes, proférés par des arbres  aux visages humains. Serge LIPSZYC signe une belle capture de Racine, saisissante, servie par des comédiens  inspirés, capables d’émouvoir nos propres terriers où se niche un certain Racine plus présent que jamais.

 

Evelyne Trân

Lemonde.fr


 

 

De ce drame, éclate la vérité artistique, laquelle se construit avec bon sens, peu de matière, la simplicité de l’action et l’intrigue subtilement développée. A l’élégance de la scénographie épurée de Sandrine Lamblin, la création lumières de Jean-Louis Martineau rentre en exposition avec le dépouillement du plateau et étoffe les rapports confus et distants entre les personnages. Acteurs et lumières fondent leurs énergies respectives, l’acteur y trouve refuge et la lumière dessine les contours d’un dénouement à venir. La fiction suppléée la narration, l’imagination filtre la réalité. Jouer Racine s’avère possible, Serge Lipszyc convainc avec la mise en scène, in situ, accompagné de Sylvain Méallet, Julien Leonelli, Lionel Muzin, Valérie Durin, Juliane Corre, Nelly Morgenstern, Isabelle Gouzou.

Philippe Delhumeau

La théatrothéque

 

 

 

En mettant en scène  Serge Lipszyc  n’hésite pas, dans la distribution des rôles, à travestir ses comédiens, à les entrainer dans de véritable contre emplois. Le spectateur est envoyé sur des rives inconnues où seul le costume, la fripe identifie le personnage. Comme un carnaval froid « carnaval serioso » qui révèlerait ce qui sommeille.

Le théâtre de  Serge Lipszyc est un théâtre de travestissement  joué sans narcissisme, ni maniérisme, qui terrasse l’effet de ridicule avant même qu’il n’apparaisse. En effet, le jeu de tous les comédiens,  tout en retenue, module et accompagne les inflexions du texte : dans son intimité. Ainsi mis en bouche le texte se vaporise, se vocalise en un chant naturel a capella. Toute l’architecture poétique de la pièce est révélée. Ainsi  le « canon » des ivrognes prend il toute sa saveur et devient sur réel .Trop vrai.

Le magnifique chanteur comédien Lionel Muzin (de la troupe des brigands) révèle même une dimension opératique contemporaine. D’une drôlerie absolue, il joue le fou  personnage qui est le maitre orchestrateur (à son insu peut être,…  à son instinct à coup sûr) de ce monde shakespearien à l’acmé de son point de folie.

Tout se dissocie  et se réunit dans l’inquiétude et l’outrecuidance des nobles. Seuls les gens du peuple  farceurs buveurs  y voient clair. Et dans la bonhommie, tout est bien  qui finit bien  enfin pour presque tous… car toute farce est cruelle. 

Jean Grapin

La revue du spectacle

 

La remarquable comédie de Molière montée et jouée avec maestria par Serge Lipszyc avec une troupe pleine d'allant.

Nathalie Simon

Le figaro

 

Que d'espoir !!!

C'est bien le cri qu'on lancerait du fond du coeur devant les réalités de la vie. C'est ce qu'a fait l'auteur israélien Hanokh Levin pour qui l'optimisme n'était pas une spécialité.

Sous ce titre, on retrouve, réunis, ses textes courts et chansons qu'il a écrits pour ses cabarets satyriques. Distillant à merveille l'art de l'humour noir, s'attaquant de front à la bêtise humaine, il égratigne d'un verbe joyeux, inventif et survolté le monde moderne, la politique, la guerre... Il utilise le rire comme arme de dissuasion. C'est grinçant et jubilatoire.

Serge Lipszyc a décrit cet univers avec une grande intelligence. Son travail est admirable. Il nous plonge à la lisière du cauchemar et du conte pour enfants pas sages. Tout se passe sur une sorte de tour de Babel faite de bric et de broc. Elle est posée sur un socle tournant, évoquant le manège de la vie. Tout se passe sur cet espace réduit dans lequel les comédiens « entassés » se meuvent. Comme les pantins d'une boîte à musique, ils jouent, dansent et chantent leur partition. Entre un jeu grotesque et réaliste, toujours sincère, ils réalisent une excellente prestation. A ne pas manquer !

Pariscope / Coup de coeur

semaine du 4 au 10 novembre 2009

Hommage cocasse et nostalgique à un genre : la commedia d’ell arte. Serge Lipszyc et ses lurons inspirés s’en donnent à coeur joie. C’est avec trois bouts de chandelles et beaucoup d’énergie le spectacle le plus inventif et le plus gai qui puisse se voir aujourd’hui dans Paris. Une aubaine!

Frédérique Ferney

Le Figaro

 

Une éblouissante noirceur

Afin de servir au mieux la beauté d'un langage à la force poétique et musicale évidente, le metteur en scène a joué la simplicité extrême et un esthétisme de bon aloi : un décor minimal (quelques chaises grises, une table et un samovar qui tient quasiment le rôle principal de l'acte d'exposition), un éclairage très pictural et une économie remarquable dans le jeu des comédiens. Si Robin Renucci a déclenché l'enthousiasme de tous par la précision de son phrasé, la justesse du ton et une présence discrète mais capable de faire jaillir d'éblouissantes gerbes d'humanité, le public a aussi beaucoup apprécié René Loyon et sa pureté très classique, Estelle Clément-Béallem, très émouvante dans sa sincérité, ou encore Serge Lipszyc (également metteur en scène) pour sa force de conviction.

SUD OUEST

 

Serge Lipszyc a tiré l’essentiel, limité l’artifice. De l’art difficile de trouver son bonheur et au final de laisser filer la vie. Cruel mais indémodable.

L’Yonne républicaine

Le plus important , donner à entendre, s’immerger, une vraie mise en apnée,  le texte devient corps, la matière devient chair.

 

En devenant à la fois charnelle ironique, émouvante et tragique, toute la troupe rend un bel hommage à l’âme russe et nous tient sans peine en haleine.

 

Un platonov intemporel.

 

P.Bérard

L’yonne républicaine