Que d'espoir !
de Hanokh Levin
Andromaque
de Racine
La Nuit des Rois
de William Shakespeare
Arlequin, serviteur de deux maîtres
de Carlo Goldoni
Trois Sœurs
d'Anton Tchekhov
Café frappé
Textes et mise en scène de Gérard Chabanier
Un Platonov
d'Anton Tchekhov

Une éblouissante noirceur

Afin de servir au mieux la beauté d'un langage à la force poétique et musicale évidente, le metteur en scène a joué la simplicité extrême et un esthétisme de bon aloi : un décor minimal (quelques chaises grises, une table et un samovar qui tient quasiment le rôle principal de l'acte d'exposition), un éclairage très pictural et une économie remarquable dans le jeu des comédiens. Si Robin Renucci a déclenché l'enthousiasme de tous par la précision de son phrasé, la justesse du ton et une présence discrète mais capable de faire jaillir d'éblouissantes gerbes d'humanité, le public a aussi beaucoup apprécié René Loyon et sa pureté très classique, Estelle Clément-Béallem, très émouvante dans sa sincérité, ou encore Serge Lipszyc (également metteur en scène) pour sa force de conviction.

SUD OUEST

 

 

 


 

UN TCHEKHOV tout en légèreté

D'inoubliables moments d'humour

La mise en scène de Serge Lipszyc tend ici vers la légèreté des formes. Quelques éléments de décor signalent les lieux de l'action et laissent la place aux mots - de la pièce de Tchekhov, Gorki avait en son temps déclaré qu'elle constituait « une forme absolument nouvelle dans l'art dramatique, un marteau avec lequel vous cognez sur les crânes vides du public » : une histoire où les personnages s'ennuient, se prélassent toute la journée et où Vania lui-même note qu'il fait ce jour-là « un temps à se pendre avec plaisir ».

Chacun s'y sent inutile, a l'impression de perdre son temps dans un domaine qui tombe en ruines : Sofia (Estelle Clément Béallem) qui s'épuise, le professeur Sérébriakov (René Loyen) qui souffre de la goutte ou Ivan Petrovitch (Robin Renucci) qui frise la neurasthénie, le médecin (Serge Lipszyc) qui défend forêts, faune et flore et que Sofia défend avec fougue en expliquant que « lorsqu'il plante un arbre, il voit plus loin, il voit le bonheur de l'humanité ».

Et si les personnages dans cette histoire qui paraît ne raconter rien s'ennuient, les spectateurs, eux, sont subjugués par le jeu des comédiens - ils font surgir des moments inoubliables d'humour, et savent faire vibrer leur public.

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