Un Platonov

Distribution

Anna Pétrovna Voïnitséva, jeune veuve, générale : Valérie Durin

Serguéï Pavlovitch Voïnitsev, fils du général Voïnitsev, né d’un premier mariage : Pierre Ficheux

Sofia Iégorovna, son épouse : Juliane Corre

Porfiri Sémionovitch Glagoliev, Banquier : Patrick Palméro

Kirill Porfiriévitch Glagoliev, son fils : Sylvain Méallet

Maria Efimovna Grékova, une jeune femme : Judith D’Aleazzo

Ivan Ivanovitch Triletski, colonel en retraite : René Jauneau

Nikolaï Ivanovitch Trileski, son fils, médecin : Bruno Cadillon

Abram Abramovitch Venguérovitch, Juif aisé : Gérard Chabanier

Isaak Abramovitch Venguérovitch, son fils, étudiant : Julien Léonelli

Timofeï Gordéïévitch Bougrov, Marchand : Stéphane Gallet

Mikhaïl Vassiliévitch Platonov, instituteur rural : Serge Lipszyc

Alexandra Ivanovna (Sacha), son épouse : Catherine Ferri

Ossip, voleur de chevaux : Marc Ségala

« Platonov est la meilleure expression de l'incertitude de notre époque »

Ne pas faire un Platonov de plus ( de trop petite note d'humour et il en faut pour Tchekhov), éviter la théâtralisation , se mettre en jeu permanent, ne pas se réfugier dans du savoir-faire, se brûler certainement et essayer de comprendre le pourquoi d'une attirance indescriptible pour ce personnage et cette pièce-fleuve. Voilà énoncé de manière débridée quelques pistes qui me conduisent, je dirais fatalement à cette partition.

Je souhaite amener toute l'équipe de comédiens sur ce chemin du trouble et effacer les archétypes de la représentation théâtrale.

Pas de costumes, une adaptation ancrée dans notre temps, une scène singulière ressemblant à un ring, des comédiens noyés au milieu des spectateurs qui entourent le plateau, tout doit contribuer à effacer la distance .

Miroir à peine déformé de nos propres existences, « Un Platonov » sera donnée dans un grand espace en bois sur lequel se déroulera le jeu. Un espace vide, intérieur ou extérieur selon les besoins, quelques accessoires, de la lumière. La jauge que le dispositif scénique réduit à 300 spectateurs permet la confidentialité que réclame le théâtre de Tchekhov.

Nous sommes témoins , complices, rats de laboratoire.Tchekhov parle de nous. Pas de héros. Rien que de l'humanité. Tchekhov voulait de la simplicité avant tout. Un Platonov de « quadras » qui nous questionne sur le monde d'aujourd'hui. La perte de repères, la peur du lendemain, la navalisation du passé , tout cela nous constitue au quotidien, nous rend parfois drôles, touchants mais également pathétiques.

Jouer Platonov, c'est chercher le creux, la face sombre du fanfaron, questionner le séducteur d'opérette et mettre à jour l'être irresponsable, touchant mais également dangereux.

C'est questionner le vide, miroir de nos vies .

Cela doit être drôle, risible et triste à en crever.

Platonov, ce n'est pas que « être sans père » et sans repère, c'est je le crois surtout profondément l'absence de mère. Cela se lit dans son rapport aux femmes. Cela se lit dans toutes ses pièces. Platonov, court désespérement après la sienne. Les femmes constituent sa quête, dérisoire et pathétique, dévoilant son immaturité et son inadaptation au monde. C'est pour moi un frère de théâtre que j'ai envie de questionner. Histoire d'apprendre à vivre. Après tout , c'est cela aussi le théâtre: ça aide à vivre.

Serge Lipszyc

Production : La Compagnie du Matamore

 

la compagnie du matamore est conventionnée par le Ministère de la Culture Drac Ile­de-France et a bénéficié à maintes reprises de l'aide du Conseil Général des Yvelines et du Conseil Régional dile-de-France par lIntermédiaire de Thécif (actuellement ARCADI). La compagnie est également soutenue par la Région Ile de France dans le cadre du dispositif d'aide à la permanence artistique.

 

 

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