YORK / SHAKESPEARE

YORK
HENRI VI (3 ÈME PARTIE) – RICHARD III

CREATION 2021 avec le soutien de LA DRAC Grand-Est et de la Région Grand-Est.

Adaptation et mise en scène Serge Lipszyc Lumières Jean Louis Martineau. Scènographie Sandrine Lamblin

Avec Yann Siptrott, Marlène Le Goff, Pauline Leurent, Sophie Thoman, Isabelle Ruiz, Jerôme Lang, Bruno Journée, Patrice Verdeil, Marc Schweyer, Geoffrey Goudeau, Serge Lipszyc

« Tu naquis avec des dents pour signifier que tu venais mordre le monde »

9 au 13 MARS 2021 Salle Europe Colmar

Le 21 mars
Le diapason VENDENHEIM

Le 8 mai
Le point d’eau OSTWALD

Les 12 ,13, 19, 20,26,27 juin et les 3 et 4 juillet Théâtre de la faveur GUENSTHAL/WINDSTEIN

Ce projet est le fruit d’un long travail d’adaptation et de la volonté de faire entendre et voir à tous les publics ces monuments du théâtre Elisabéthain. Tout est pensé en ce sens. Léger, adaptable, jouable séparément ou en intégrale.

La scènographie est légère, modulable, fidèle à l’esprit de l’auteur. La lumière joue le rôle principal. Elle nous fait voyager d’un lieu à l’autre sans rupture de rythme. Au contraire elle accompagne le jeu et le transcende.

Dans chaque lieu d’accueil, nous souhaiterions proposer des stages de pratique théâtrale pour tous, des rencontres et des échanges avec l’équipe artistique, faire de cet évènement, un temps de réflexion collectif. Notre collectif est composé d’actrices et d’acteurs qui pratiquent la transmission sur tous les terrains avec joie et engagement. C’est une force que nous mettons à la disposition des partenaires qui nous solliciteront.

J’ai mis en scène il y a 20 ans cet opus. Les coupures de presse du dossier (Fréderic Ferney, Gilles Costaz, Pierre Notte…) témoignent de l’accueil fort que ce projet avait reçu. Aujourd’hui, avec le collectif d’acteurs qui m’entourent en Alsace et avec lequel j’ai créé Sauvage en 2019 et je créerai Platonov en 2022 en pleine forêt vosgienne, je souhaite repartir à la conquête de cette œuvre, la re-questionner. 11 comédiens, un commando, des moines soldats selon l’expression de Gilles Costaz..

C’est une histoire sans fin qui ne cesse de nous dire le monde et qui résonne à nos oreilles avec force en ces temps tourmentés.

Henri VI et. Richard III composent la première tétralogie écrite par William Shakespeare sur l’histoire de l’Angleterre.

Ouvrage de propagande à la gloire des Tudor et d’Elisabeth Première, Reine d’Angleterre, la tonalité générale de l’œuvre glorifie la famille Lancastre au détriment des York qui y sont ici noircis. Richard III en est le plus illustre exemple. Mais là n’est pas la question. L’œuvre shakespearienne dépasse l’histoire et interroge le mythe. Richard, Duc de Gloucester puis Roi d’Angleterre nous offre le plus beau moyen de questionner le monde d’aujourd’hui. Pour rendre ce questionnement judicieux, il nous faut remonter à la source du mal et voir quelles en sont les origines. S’impose alors une remontée dans le temps car Richard nait dans Henri VI.

L’histoire n’en devient que plus cynique. Il n’est pas seul à incarner le mal. Il n’est que le plus intelligent d’une meute de loup. Rien n’est retiré à l’horreur. On ne la justifie pas. On découvre qu’il n’est que le résultat d’un processus qui nous concerne tous. Richard n’est pas anglais. Il est partout où la démocratie n’est pas.

FERMEZ LES YEUX ET IMAGINEZ …

Imaginez un monde, un pays, l’Angleterre ou ailleurs, la guerre civile, le chaos, un trône ou plutôt ce qu’il en reste.

Imaginez deux clans qui revendiquent le pouvoir au nom d’une légitimité sans cesse remise en cause. D’un côté les York, de l’autre les Lancastre.

Imaginez le droit bafoué, la violence comme règle de vie, la loi du talion comme seule référence. Imaginez les York, vaincus, puis vainqueurs, puis à nouveau vaincus et enfin triomphants.

Imaginez Richard, fils atrophié du grand York, nourri de sang et de violence, fruit du chaos, rêvant de gloire et de pouvoir, entouré de frères sanguinaires, rendant coup pour coup au Lancastre.

Imaginez son entourage, les gens qui le soutiennent, ceux qui lui résistent et ceux qui subissent passivement les évènements et vous aurez l’impression de vous retrouver devant votre quotidien. Il est pourtant plus vieux de plus de 400 ans. Mais jouer Shakespeare aujourd’hui nous renvoie cruellement à celui-ci.

Mettre en scène YORK, c’est cela. Nous ne jouons pas que Richard III. L’homme n’est pas seul en cause. Nous sommes tous responsables de son ascension. Il ne fait que se jouer de notre crédulité, de notre cupidité, de nos fantasmes, de notre passivité et de notre lâcheté.

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