Théâtre forestier du guensthal / la vallée de la faveur

Depuis 2019 , la compagnie du Matamore est accueillie en résidence de création dans ce lieu magique. Yann Siptrott est aujourd’hui co-directeur artistique de la compagnie du matamore avec Serge Lipszyc.

Site du Théâtre Forestier.

L’histoire du lieu: Le Guensthal ou Vallée de la Faveur

Hugues et France Siptrott se sont installés dans ce hameau Vosges Grand Nord en 1984. Leur arrivée dans ce lieux mériterait qu’on s’y attarde. 

En deux mots, il a été échangé contre un livre écrit par eux, en un seul exemplaire, dont De Dietrich, alors propriétaire des forêts et du hameau était le héros, et dont la fin restait à écrire. Pour plus de détails, passez boire un verre…

Hugues et France Siptrott ont alors déposé « la Vallée de la faveur » dans les statuts d’une association (Vinci) comme une « œuvre évolutive », c’est à dire en construction permanente. En questionnement. En renouvèlement.

Leur pratique de la sculpture, de la peinture ont « dessiné » le paysage comme un tableau. 

A noter aussi que des recueils de photos et de textes, ou encore de poèmes ont étés édités. « Vallée de la faveur (en Vosges grand nord) », « Sarajevo mon amour », « Premier jours des oiseaux morts »

Chaque endroit y a sa perspective, chaque regard convoque la nature et son versant culture, tout imbriqué, tout se faisant écho. 

Un.

Nature-Culture devient un mode de vie, une façon de voir le monde, de le façonner à son endroit, et d’y vivre. Le plus en harmonie possible.

De nombreuses manifestations y ont eu lieu, « Sources et courants 1&2», expositions « Nature-culture », « Grand grès » de Windstein…
Leurs œuvres sont visibles un peu partout en France, « Saint Corbinien » (Cathédrale d’Evry) « Hommes de la cité »  (La défense, Paris) « Projet RATP » ( métro Défense Paris), monument du cimetière américain de Cronembourg , dispensaire de Conakry en Guinée…

Ils ont exposé à Paris, mais aussi à  l’international, à Singapour, en Suisse à Gstaad, en Belgique… 

C’est cette vallée qui en est l’épicentre, la centrifugeuse créatrice.
Un écrin donc, un berceau d’art, une entité pourvoyeuse de rêves.

Yann Siptrott et le théâtre

C’est comme ça que, tout petit à petit, je me suis pris, à y prendre part, par ma pratique du théâtre et de la musique.
Ça commence comme ça.
En 2003, on y monte « Le Conte d’hiver » de Shakespeare dans ce qui s’appellera alors, le Théâtre Forestier et déambulatoire.
En 2004, « Lancer de Caillasse », théâtre et textes.
Plusieurs concerts y ont lieu, de Yan Caillasse, mais également des résidences pour les spectacles en création. « Sister Twister » en 2013, « Back in The Woods » en 2017.
On y joue « Bérénice « sanglier à la broche en sus.

Plus plus plus…
En 2018, retour aux source dans ce stage autour de Tchekhov à Colmar ou je rencontre Serge Lipszyc, pas effrayé pour un sous par les aventures hors les murs et hors les grand’routes.
Bien au contraire.
Nous nous retrouvons au Guensthal, par un beau mois de juin sous le soleil et nous décidons d’engager l’aventure Théâtre Forestier
L’originelle, celle du projet, celle du faire, de la tentative, celle qu’on ne met pas si facilement en équation. Celle du geste.
Dans cette forêt Vosges Nord, nous plongeons dans l’inconnu (ou presque pour) trouver du nouveau.
On touche le beau, on chatouille le frisson, on frôle parfois les gouffres aussi, sous le soleil ou sous la pluie, mais c’est là que le paysage prend toute sa dimension. Et avec Serge, le mot dimension prend la sienne.
Nouveau départ pour y incarner Mikhaïl Khrouchtchev, dans « Sauvage », « Platonov » dans la pièce éponyme de Tchekhov, Richard III dans l’épopée « York », Scapin dans les Fourberies du même nom et Philinte dans « Le Misanthrope ».
Dans des mises en scènes de Serge Lipszyc.
Des textes géants pour nous rappeler à nous mêmes, pour la façon qu’ils ont de questionner le mille-feuille du sens. Et qu’il a lui, de lui donner le sien.
Projet après projet, nous dessinons une identité à ce théâtre « sauvage », qui nous ressemble, un jeu de plein air, des actrices/teurs de plein vent, parfois d’orages, d’éléments, des comédiennes/diens de tous horizons.
Prêts à tenter. Autrement.
En circuit cours, avec les gens d’ici et d’ailleurs. Ceux que ça intéresse de baguenauder.
De sortir des murs, peut-être un peu gris, pour se mettre au théâtre de verdure.
L’idée étant d’ouvrir ce lieu, d’en faire un outil de travail, et d’art, et d’artisanat, qui profiterait à ceux qui le souhaitent.
Dans la mesure de nos possibles
Un théâtre qui prendrait soin des gens, tant pour le ventre que pour le verbe que pour l’esprit.
Dans la mesure de nos possibles

À propos de Yann Siptrott
Je suis né à Sarreguemines un 18 juillet 1971.
Puis suivant la migrance familiale, parti pour l’Outre forêt au Guensthal ou « Vallée de la Faveur », littéralement, noyau forestier Vosges Nord de pratiques culturelles polymorphes.
J’ai commencé mon parcours en faisant mes humanités à l’université Robert Schumann, à Strasbourg, mis les mains dans le cambouis avec la licence d’étude théâtrale et l’Artus, parti en Cure Thermale déjantée, tombé dans la Ronde de Schnitzler, avec Jacques Kraemer, dis les mots de Steinbeck, passé chez Marivaux en Lubin sautillant avec Anne Monteuil-Bauer et, au Marché Aux Grains, croisé le Glaive et la Balance avec Pierre Diependaële, ou je fus tantôt Maître tantôt Valet, serveur au Double Café chez Goldoni et Fassbinder, personnages multiples dans une Comédie Française cinoque puis explorateur de théâtre à travers le temps et l’histoire.
Incarné Léontes roi de Sicile au Guensthal avec Denis Woelffel pour les premiers pas du Théâtre Forestier.
Long passage à Paris ou je construis un théâtre à Paris Bagnolet, le temps d’y traverser l’intégrale de Koltès et de plonger dans « Ulysse Ex Promotion » odyssée post-moderne pour terminer à la rubrique des « Chroniques Mercenaires » avec Gilles Sampieri.
Et le Rire Médecin en oncologie pédiatrie pour sentir que le jeu peut servir à quelque chose, devenir « utile », disons de manière très manifeste.

On m’a vu dans le Vercors, sous les traits de Yan Caillasse pousser la chanson rock. A Paris, New-Morning-Gibus-Zèbre, à Grenoble à Rennes, à Mortagne-Aux-Perches, à Caen, à Strasbourg, et réalisé 336 concerts du ponant, à l’orient, du zénith au nadir.
Quelques albums à la clés. « Un chien de ma chienne » (Mosaic Music), « (Remuer) ciel & terre » ( Anticraft/Chris Music), « Sister Twister » (Caillasse Théâtre), « Back in the Woods » et un auto biopic musical : « Comment je suis pas devenu chanteur »
La suite s’écrit chaque jour.

À propos de Serge Lipszyc

Metteur en scène, comédien, formateur,

 Il est directeur artistique de la compagnie du Matamore et réside aujourd’hui en Alsace. Sa compagnie reçoit aujourd’hui le soutien de la Drac Grand-Est, de la région Grand-Est et de la Collectivité territoriale d’Alsace. Il a mis en scène plus de 70  spectacles et donné plus de 2100 représentations sur tous les territoires.

Il a mis en scène Eschyle, Sénèque, Shakespeare, Corneille, Racine, Molière, Goldoni, Regnard, Beaumarchais, Labiche, Feydeau, Tchekhov, Guitry Erdman, Weiss, Lagarce, De Vos, Rebotier, Fo, Levin, Lygre… 

Également metteur en scène d’opéra, il a collaboré à de nombreux projets de l’Opéra-Studio de Genève (« La belle Hélène », Barbe bleu », « Les Noces de Figaro », « Don Giovanni », « L’Enlèvement au sérail », « Le Barbier de Séville », « Maître Zacharius ») et avec la Compagnie Lyrique de Corse (« Don Pasquale », « Madame Butterfly »). 

En tant que comédien il a interprété entre autres les rôles de Thésée (Sénèque), Brighella (Goldoni), Cliton, Alcandre (Corneille), Pyrrhus (Racine), Alceste, Argante (Molière), Bottom, York, Warwick, Bénédict, Sir Toby (Shakespeare) Irrigua (Feydeau),  Ivanov, Platonov, Astrov, Borkine, Ossip (Tchekhov) , Pierre (Lagarce) ….

En 1998, il participe à la création des Rencontres internationales de Théâtre de Haute-Corse (l’A.R.I.A) et en assure la direction de 2011 à 2015. Comme comédien, il a travaillé sous les directions de Robin Renucci, René Loyon, Francis Aiqui, Bruno Cadillon, Franck Berthier, Anouch Paré, René Jauneau, Pascal Gleizes… Au cinéma, il tourne dans « Derniers remords avant l’oubli » de Jean-Luc Lagarce sous la direction de Jean-Marc Culiersi. Très attaché à la transmission, il organise régulièrement des stages à destination de tous les publics. Il intervient également auprès des classes option théâtre de Colmar et Mulhouse. Il intervient comme formateur sur des stages de prise en parole publique.

Depuis son arrivée en Alsace, Il a mis en scène en 2018 à la Comédie de l’Est, CDN d’Alsace à Colmar «  Maman et moi et les hommes » d’Arne Lygre puis « Sauvage », «Un Platonov» d’Anton Tchekhov et « York » de Shakespeare avec sa compagnie et un collectif d’acteurs alsaciens réunis autour de Yann Siptrott. Ils ont réalisé  en  juin 2023 un projet Molière 401 qui réunit «  Le misanthrope » et « les Fourberies de Scapin ».  Ils développent ensemble un projet de théâtre forestier en pleine Vosges du Nord au Guensthal, dans le domaine artistique des artistes plasticiens France et Hugues Siptrott, le théâtre de la Faveur. Ils préparent pour Juin 2024 le songe d’une nuit d’été d eW. Shakespeare.

Il collabore également avec la compagnie « Plus d’une voix» pour laquelle il a mis en scène «Phèdre» de Sénèque et «A mon chien rouge» d’Hélène Lacoste.